mardi 15 mars 2011

4ème séance (S2) : systèmes de croyances et opinions politiques

L'idée de la séance, c'est de discuter autour de ces systèmes de croyances que l'on se fait chacun à propos du monde et des choses, de la singularité de ces systèmes, et de comment, pour pallier à leur possible incommensurabilité, la rationalité peut être mise sur le devant de la scène afin de guider les individus dans le choix de croyances peut-être plus conscientes car (rationnellement) justifiées. En particulier, dans le cas des croyances ou opinions politiques, on pourrait défendre une méthode de discussion rationnelle comme on chérit en philosophie analytique, basée sur la confrontation de thèses et d'arguments soutenus par des données empiriques, là où la discussion politique n'est que trop souvent le moment de polémiques rhétoriques, reflétant autant notre asservissement à des idées toutes trouvées dans notre éducation que l'absence d'arguments véritables justifiant nos croyances.

mardi 8 mars 2011

3ème séance (S2) : la notion d'existence

Descriptif : Alexius Meinong a proposé dans son livre "la théorie des objets" une ontologie assez particulière. En gros son ontologie introduit trois catégories d'existence. Il y a des objets qui existent (Sein) (les objets concrets). Il y a des objets abstraits qui subsistent (Sosein). Mais il y a aussi des objets qui n'existe pas comme la montagne d'or, le carré rond et Sherlock Holmes. Cela implique que la notion d'existence dans la langue ordinaire est équivoque. La théorie a déclenché les critiques de Russell qui a au départ défendu la théorie de Meinong et d'une manière plus importante celle de Quine. Quine a rejeté l'ontologie de Meinong et a défendu l'idée que l'existence est univoque et son sens peut être capturé par la quantificateur existentiel de la logique de premier ordre : être c'est être la valeur d'une variable liée. Son point de vue a depuis longtemps dominé la philosophie analytique, pourtant il fait face aux problèmes cruciaux rattachés à l'usage de Quine de la théorie de la description afin d'enlever les noms propres.
Nous verrons que l'usage de l'existence dans la langue ordinaire implique qu'il y a bien plusieurs sens. En revanche les difficultés pour la formulation des divers usages d'"exister" seront discutées.

mardi 1 mars 2011

2ème séance (S2) : vérité et croyance

Présentation du livre de Jacques Bouveresse, Peut-on ne pas croire ? Sur la vérité, la croyance et la foi.

mardi 15 février 2011

1ère séance (S2) : croyances, rationalité et émotions (compte-rendu)

La croyance et la rationalité semblent ne pas s’opposer/se rejoignent en ce qui concerne les émotions. Croyance = condition nécessaire pour rationalité des émotions : Nous admettons que nos émotions ne sont rationnelles que lorsqu’elles sont basées sur des croyances. Ex : ours affamé je crois qu’il est dangereux. Mais autre personne : j’ai peur pour elle car je crois qu’elle est en danger mais pas pour moi car je ne risque rien. Si j’ai peur, c’est irrationnel.

Bizarrerie : 1. Emotions devant fiction
Pourtant, nous ressentons des émotions devant des récits de fiction (au cinéma par exemple) auxquels nous ne « croyons » pas.
Peter Lamarque a théorisé ce problème : Lamarque, Peter, « Fear and Pity » in Fictional Points of View, Ithaca, Cornell, U.P. Chap 7, p.114 ; publication originale : « How Can We Fear and pity fictions », British Journal of Aesthetics, 1981. : « Comment pouvons-nous en effet ressentir de la peur alors que nous ne croyons pas qu’il y ait le moindre danger ? Comment pouvons-nous ressentir de la pitié alors que nous ne croyons pas qu’il y ait la moindre souffrance ? »
On pourrait répondre que ce ne sont pas des émotions et ça été théorisé mais on s’éloigne du sujet de la rationalité : le problème ne se pose plus

I) Nos émotions devant la fiction sont irrationnelles.
Colin Radford : Radford, Colin, « Comment pouvons-nous être émus par le destin d’Anna Karénine ? », (Roman de Tolstoi) in Cometti, Jean-Pierre, Jacques Morizot, et Roger Pouivet, Esthétique contemporaine : art, représentation et fiction, Textes clés (Paris, 2002), p.334.
Déf d’émotion : On se base sur l’émotion comme modif physiologique. Une émotion est rationnelle quand : elle est basée sur une croyance, et on ne la ressent plus quand on apprend que ce qui la provoque est faux. Ex : ami acteur pas d’émotion sauf si on doute.
Emotion Rationnelle si son degré est proportionnel au degré de croyance (peur de la pensée de la mort de ma sœur : cancer ou rien du tout, c’est différent).
Balzac : Le cousin Pons « il n’y a que des grandes croyances qui nous donnent de grandes émotions. »
Pourtant, fiction : modifications physiologiques réelles : on pleure sur mort de Mercutio (Roméo et Juliette) donc c’est bien une émotion, mais elle est irrationnelle. La fiction est à l’origine du plus haut degré d’« irrationalité » en ce qui concerne les émotions, après des cas d’imagination plus ou moins débordante.
L’idée d’irrationalité pour la fiction déjà vue avec Platon (République 3 et 10): œuvres d’art, poésie = imitation de la réalité. Imitation des vices de la réalité aussi. Nous reproduisons dans la réalité les choses vues dans la fiction. Donc poète = dangereux pour les esprits. Sachant ça, il est irrationnel de faire de la poésie, et de l’accepter dans la société. Ca veut dire aussi tout ca que si nous ne croyons pas à la fiction, nous sommes influencés par elle. Ca c’est irrationnel ?
Pourtant l’émotion est aussi un moteur à l’action. Partir du ciné en courant serait irrationnel mais on le fait pas. Donc nos émotions sont rationnelles devant la fiction. La non croyance en les zombies nous rend rationnels. Kendall Walton : Green Slime Charles tremble mais ne s’enfuie pas. Walton, Kendall L., ‘Fearing Fictions’, The Journal of Philosophy, 75 (1978), 5-27
Nos émotions sont toutes basées sur croyance. si j’ai pitié, je crois qu’Anna Karénine est malheureuse. Pourtant je ne sais pas que je le crois, je crois croire autre chose. Conscientes, inconscientes. Gaut, Berys, in Kieran, Matthew, et Dominic McIver Lopes, Imagination, philosophy, and the arts, (London: Routledge, 2003).
Fiction : bourrée de croyances inconscientes. Je crois incsmment à qqch comme la mort de Mercutio, je n’agis pas car justement ! je me contrôle au nom de la rationalité !! Irrationnel de monter sur scène mais envie. La preuve : les enfants devant guignol interagissent. Nos émotions fictionnelles et notre comportement (pas de réactions alors qu’on est ému !) ont un caractère paradoxal mais pas irrationnel.

Problème : On a du mal à être ok pour dire qu’on a une croyance cachée qui fait qu’on a peur des zombies et qui explique qu’on crie mais qu’on ne fuit pas.
*** Nos émotions ne sont pas basées sur des croyances : grande littérature mais on s’écarte du sujet. Dans ce cas, opposition possible entre croyance et rationalité qui n’ont pas besoin de se rejoindre pour l’émotion. Ouvertures à d’autres problèmes.

II) Nous croyons aux récits de fictions.
Hill, Brian, ‘Jouer avec le faux : recherches sur les processus mentaux à l'oeuvre dans la lecture des textes de fiction’ (unpublished Thèse doctorat, [S.l.]: Université Panthéon-Sorbonne (Paris), 2006), p.18
Fictionnellement : Nous pouvons dire qu’il existe des croyances réelles, et des croyances fictionnelles, elles mêmes basées sur des vérités fictionnelles, c'est-à-dire des énoncés autorisés par un texte de fiction. C’est ce que soutient Hill : d’un point de vue cognitif, nos croyances fictionnelles ont le même schéma que nos croyances réelles. Il est donc possible d’éprouver des émotions rationnelles dans les deux schémas. La croyance en ce qui concerne le réel est insérée à une structure cognitive qui implique d’autres croyances et d’autres attitudes (il donne l’exemple du désir). De la même façon, les croyances « fictionnelles » sont en relation les unes avec les autres, et notre structure cognitive ne perd pas sa logique ou son organisation « sensée ». Nous répondons ici à Radford : nos émotions fictionnelles sont rationnelles en tant qu’elles sont le résultat d’un schéma cognitif similaire aux émotions issues de la réalité.
Pourtant dans ce schéma cognitif, nous agissons. On revient à ce problème : il serait donc irrationnel de ne pas partir en courant pour ours, ou entrer en dépression pour la mort de M. Problème !!

Nous nous mettons dans un certain état sans oublier notre condition de spectateur : donc on déprime pas 10jours même si on pleure sur le coup. Nous croyons en un sens utile à ce qu’on voit lit… Le cadre fictif présente des personnages et des situations que nous devons pouvoir envisager d’une certaine manière, sur lesquels nous devons pouvoir nous faire une idée (processus cognitif comme théorie de l’esprit… nous n’entrons pas dans le détail), en ce sens, ils sont réels car ils évoluent à l’intérieur d’un cadre, d’un univers que nous acceptons de pénétrer pour un temps. Tout ça est rationnel et basé sur la croyance. Nous acceptons de croire à ce que nous propose la fiction, que nous savons être inventée et irréelle.
Fiction comme cadre analogie Carnap : il faut présupposer un cadre conceptuel pour questionner à l’intérieur. ‘Empirisme, sémantique et ontologie’ dans Signification et nécessité 1950. Si on pose la question du cadre c’est clair la fiction n’est pas réelle. Mais on se pose pas la question quand on est dans le cadre (=devant le film)! Sauf quand l’émotion devient trop lourde : « ouf ce n’est qu’un film ».
Le spectateur se trompe volontairement mais ne perd pas le nord, n’est pas fou, ne se déconnecte pas à vie de la réalité, n’agit pas en fonction de la fiction, et croit en ce qu’il voit et ressent. Donc nos émotions fictionnelles sont rationnelles car issue d’une croyance elle-même rationnelle en la fiction.

Pourquoi on aime se rendre triste ??? Selon Neill, dans la réalité, soit nous ressentons de la pitié, soit, si nous apprécions ce ressenti, il ne s’agit plus de pitié. Neill, Alex, « Fictions et émotions », in Cometti, Jean-Pierre, Jacques Morizot, et Roger Pouivet, Esthétique contemporaine : art, représentation et fiction, Textes clés (Paris. 2002), (Paris: J. Vrin, 2005), p.351
Or dans la fiction, nous pouvons ressentir de la pitié et à la fois apprécier ressentir cette pitié.
Ouverture : le fait que l’on se mette volontairement dans des états d’émotions dites négatives, pourquoi aimons nous rentrer dans ce cadre (par la fiction ou autre). C’est peut être ça qui est en fait irrationnel, pourquoi ?? Quels processus cognitif à l’œuvre dans notre volonté de peur tristesse… est-ce irrationnel ??

mardi 7 décembre 2010

5ème séance (S1) : la distinction fait/valeur chez Hilary Putnam

Discussion autour de la distinction fait/valeur chez Hilary Putnam, à partir de deux textes :

Chapitres 6 et 9 de Raison, vérité et histoire,

et l'introduction de Fait/Valeur : la fin d'un dogme et autres essais.